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Container pendant le déblaiement du Lods incendié.

L’incendie fait grand bruit et confirme les doutes concernant la viabilité de ces constructions dans un contexte où les progrès architecturaux ont permis de réduire considérablement les risques de départ de feu. Les sapeurs-pompiers indiquèrent que, bien que ces immeubles ne présentent intrinséquement pas plus de risques que d’autres bâtiments de même gabarit, la vitesse de propagation du feu restait stupéfiante.

Les travaux réalisés après 1975 n’ont pas portés leurs fruits. L’office HLM est mis sur la sellette quant il apparaît que certains travaux avaient été alloti sur plusieurs années et que les dernières tranches n’avaient en 1981 toujours spas été financé.

La municipalité de Rouen prend en main le dossier et décide de se tourner vers des cabinets d’expertises privés. Le cabinet Veritas est saisi dès le lendemain. Le maire de Rouen indique que la question de l’existence des Lods est désormais posée.


Quelques jours après, la « famille » de la Grand’Mare se retrouve à l’église Sainte-Clare pour une cérémonie hommage aux deux victimes de l’incendie. Des disques sont passés entre plusieurs interventions d’amis de la famille.


Le mardi 12 mai, le cabinet remet son premier rapport d’expertise à la ville de Rouen. M. Pisani annonce lors d’une session du conseil général que la ville de Rouen va se retourner contre l’État pour faire valoir leur responsabilité dans les incendies. Les habitants des autres immeubles décident, de leur côté, de mettre en place des comités de vigilance.  L’inquiétude touche les habitants des 500 appartements.

 Cécile ANNET, habitante de la Grand’Mare, au 11 pui au 22 Rue Jean-Philippe Rameau entre 1969 et Juillet 1981;

« Nous avons même dormi dans des tentes une nuit en réponse à l'insécurité des immeubles et ma grand mère a fait une ronde de nuit dans son immeuble (le 24 rue Jean-Philippe Rameau) pour participer à l'action générale instaurée et décidée par les habitants. »


Le 18 mai, en collaboration avec les pompiers, il a été décidé de créer un poste avancé de lutte contre l’incendie au 3 rue Richard Delalande. Trois pompiers de la caserne Gambetta y furent affecté avec un engin d'incendie. Il s’agissait d’une solution provisoire en attendant les conclusions des autorités. La commission d’experts en charge de l’audit des immeubles rendant son avis le 10 décembre. 

CRR DE LA REUNION DU 10 DECEMBRE 1981 DE LA COMMISSION D’EXPERTS 


POTEAUX


Poteaux extérieurs 

Il est confirmé qu'il n'est pas utile de les protéger compte-tenu des éléments suivants : 


  • Les poteaux au droit des parties opaques sont protégés des flammes ; 
  • Pour  les  quelques  poteaux  au  droit  des  fenêtres,  il  a  été  vérifié  qu'en  cas  d'élévation  de  température  excessive  de  l'un  d'eux,  un  report  de  charge pouvait se faire sur les autres poteaux ; 
  • Les parties extérieures peuvent être plus facilement protégées par l'intervention des pompiers. 


Poteaux intérieurs 

Ils sont situés pour la plupart dans le vide existant entre les doubles cloisons séparant les logements  entre eux ou séparant les logements des circulations communes. La stabilité au feu requise doit être recherchée, soit en traitant le poteau lui-même, soit en s'assurant que chaque élément de la double cloison qui le protège présente, en place, les caractéristiques coupe-feu exigées (1 heure). 


SOLUTIONS RETENUES


Rouen - La Grand'Mare - Groupe Jean Philippe Rameau 

En partie  courante, les cloisons existantes présentent le degré coupe-feu  requis.  En conséquence,  sous  réserve  d'améliorer  la  liaison entre les cloisons et le plafond en vermiculite, notamment par la réalisation d'une protection du système d'accrochage de la cloison, et éventuellement par le changement du système d'accrochage, il n'apparaît pas nécessaire de protéger directement le poteau par projection d'un enduit ou par gainage en matériau de protection au feu.


Rouen -Rondeaux Dambourney et Pépinières

Les  cloisons  sont  insuffisantes  pour  assurer  à  elles  seules  la  protection  requise.  Leur remplacement  primitivement  envisagé  pourrait être évité si : 

• Les liaisons cloisons/plafonds sont améliorées comme il est dit pour l'opération de la Grand'Mare ; 

• Les poteaux sont traités par application, selon la technique convenable, d'une épaisseur suffisante de Progypsol ou analogue.


Dans  les  deux  cas  ci-dessus  (Grand'Mare et  Rondeaux-Pépinières) les dispositifs retenus  pour  améliorer  la  liaison  cloisons plafonds seront soumis à la commission constituée à ce jour. 

NB: Pour les poteaux situés dans les logements (placards ou pièces habitables) leur protection doit être également assurée, comme cela semble déjà être le cas. 


PLAFONDS ET PLANCHERS


La stabilité au feu des planchers est assurée par la protection apportée par le faux-plafond en dalles de vermiculite.  Un  essai  réalisé  par  le  CTICM  dans  des  configurations voisines  de  faux-plafonds  a  montré  que  malgré  la  destruction  locale  de  la  vermiculite, l'ensemble des surfaces des trous pouvant a tteindre la dimension d'une plaque, la structure testée conservait encore une certaine résistance. 

Cependant l'attention du maître d'ouvrage devra être spécialement attirée sur la nécessité de veiller au bon maintien en place des plaques de vermiculite,  notamment  dans  les  parties  communes  et  locaux  de  service  (déplacements  dus  aux  mouvements  normaux  du  bâtiment et  

déplacement accidentel résultant de chocs ou de manipulation lors de l'intervention des services d'entretien). 


Ces remarques sont valables pour toutes les opérations GEAI. Le  plénum  existant  entre  plancher  et  faux-plafond  doit  être  recoupé afin d'éviter la transmission latérale du feu et des gaz de combustion. 


Lorsque  le  procédé  utilise  des  poutres  à  âme  pleine,  ces  dernières  assurent  le  recoupement.  Par  contre,  il convient d'assurer ce recoupement au droit des poutres en treillis qui se trouvent à l'aplomb des  cloisons séparatives  des  logements.  Dans  les  ensembles  Rouen  Rondeaux Dambourney et Pépinières, ce recoupement sera réalisé selon les dispositions retenues à Elancourt, c'est-à-dire essentiellement en remontant la cloison le long de la poutre au moyen d'un décrochement en baïonnette. En ce qui concerne la Grand'Mare, il conviendra, en outre, d'effectuer le recoupement horizontal, au droit des planchers, du vide existant  entre  les  cloisons  séparatives  des  logements.  Ce  recoupement  sera  exécuté  par  la  méthode  préconisée  par  BEFS  consistant  en  la  projection  de  plâtre  sur  un  nergalto  formant  une  sorte  d'enveloppe,  non  seulement  sur  la  hauteur  du  plancher,  mais  encore  sur  une  hauteur  telle que soit largement recouverte la jonction cloison/plafond. 


La cage d’escalier

Pour toutes les opérations GEAI, il s'agit de bâtiments de 3e famille au sens de l'arrêté du 10 septembre 1970, tous situés dans le secteur  d'intervention  d'un  centre  de  secours  doté  d'une  échelle  de  hauteur  suffisante. Réglementairement  parlant,  les  escaliers  de  tels  bâtiments n'ont pas à être encloisonnés ou mis à l'abri des fumées (encloisonnement de l'escalier et désenfumage des circulations horizontales correspondantes). La protection contre les conséquences de l'enfumage se présente donc exactement de la même façon que dans un bâtiment traditionnel.  Par  contre,  la  présence  de  cloisons  bois  sur  toute  la  hauteur  de  la  cage  d'escalier  aggrave  le  risque  d'incendie dans  la  cage  d'escalier elle-même. Pour pallier ce risque, il a été décidé d'adopter les mesures suivantes : 

- dans les bâtiments comportant au plus six étages sur rez-de-chaussée les revêtements des cloisons du rez-de-chaussée donnant sur l'escalier devront être incombustibles car ce sont les incendies dans les rez-de-chaussée et les locaux techniques qui présentent le plus de risque ; 

-  dans  les  bâtiments  comportant  plus  de  six  étages  sur  rez-de-chaussée,  les  cloisons  des  cages  d'escalier  seront  revêtues  d'un  matériau incombustible  et  les  portes  des  locaux  des  vide-ordures  seront  pare-flamme  de  degré  1/2  heure  et  munies  d'un  ferme  porte  (sauf  si  la  fermeture du vidoir lui-même est pa

re-flamme de degré 1/2 heure). 

Dans tous les bâtiments, une détection des fumées sera établie dans les cages d'escalier ainsi que dans des locaux réceptacles de vide-ordures, et une alarme asservie à la détection sera mise en place à tous les niveaux, le signal étant renvoyé dans le logement du gardien du groupe d'habitation. 

La solution à retenir sera la même que celle mise en place à Elancourt. 


Les escaliers 

L'exigence  de  stabilité  au  feu  des  paliers  et  volées  d'escaliers  (précisée  à  l'article  12  de  l'arrêté  du  10  septembre  1970)  a été reconsidérée  à  l'occasion  de  travaux  menés  par  la  commission  chargée  d'établir  la  nouvelle  réglementation  relative  à  la  protection    contre  l'incendie  des  bâtiments  d'habitation.  

Les  dispositions  suivantes  sont  désormais  retenues.  Les  éléments  constitutifs  de  l'escalier,  marches,  volées  et  paliers  doivent  pouvoir  être  utilisés  par  les  services  de  secours  après  un  incendie  ;  sont  considérés  comme  répondant à  cette  prescription les escaliers métalliques avec marches et contre marches solidaires ainsi que les escaliers sans contre marche dont les marches sont fixés en deux points distants au moins de 0,50 mètre. 

Il  n'est  donc  pas  nécessaire  de  modifier  les  escaliers  tels  que  réalisés.  Cependant,  et  ceci  est  valable  pour  toutes  les  opérations GEAI : 

-  afin  d'éviter  un  risque  de  décrochage  de  la  volée  d'escalier  au  cours  de  l'incendie,  il  devra  être  étudié  le  renforcement  éventuel  en  partie  haute de la volée, des assemblages avec le palier ; 

-  afin  de  limiter  les  déformations  du  palier  sous  l'action  d'un  incendie,  le  faux  plafond  en  dalles  de  vermiculite  sera  établi  sous  toute  la  surface du palier. 


Poutre de rive 

Compte tenu des observations effectuées après les incendies survenus à Rouen qui ont permis de constater qu'en dépit du passage du feu par les baies, il n'avait pas été relevé d'importantes déformations des poutres de rives, et après discussions de la valeur des essais déjà effectués, la commission a estimé qu'une telle poutre était susceptible de présenter , en cas d'incendie, une stabilité suffisante. 


Cependant, les participants se sont mis d'accord sur l'intérêt de réaliser un essai qui permettrait de tester efficacement cet élément de construction et d'avoir des éléments plus précis quant à la stabilité réelle de cette poutre de rive. 

Les  conditions  d'un  tel  essai  devraient  être soigneusement  définies  et  se  rapprocher le  plus  possible  de  la  réalité  et  notamment reproduire une pièce du logement avec les cloisons réellement en place, normalement meublée, la poutre testée étant chargée. 


Gaines et conduits 

Le problème important est celui posé par la présence du conduit de distribution d'air chaud dans le plénum. 

En ce qui concerne la Grand'Mare, la commission a constaté qu'il ne lui appartenait pas de prendre parti sur le choix du mode de chauffage qui pourrait être adopté selon  les  propositions  de  BEFS  en  remplacement  du  chauffage  existant  pour  des  motifs  relevant  uniquement  d'efficacité  et  de  rendement thermique. 

Elle  observe  que  l'installation  de  chauffage  existant  peut  être  conservée  dès  lors  que  l'on  interpose  convenablement  des  clapets coupe-feu  entre  la  gaine  de  soufflage  verticale  et  les  gaines  de  distribution  horizontales,  afin d'éviter  le  refoulement  des  fumées  et  gaz  de  combustion et de rétablir le degré coupe-feu des planchers traversés. 

Pour  les  opérations  Rouen  Rondeaux  Dambourney  et  Pépinières,  il  n'est  pas  nécessaire  de  sortir  les  conduits  horizontaux  de distribution d'air chaud hors du plénum  dès lors  que  des  clapets  de  degré  coupe-feu convenable sont placés sur ces conduits de manière  à  interdire le passage des fumées et gaz de combustion d'un logement à un autre logement. 


Electricité 

Les installations devront être conformes aux normes NFC 14100 et NFC 15100. 

Vide ordures DEFS  prévoit  une  ventilation  mécanique  des  locaux  vide-ordures  du  groupe  Jean  Philippe  Rameau  -  La  Grand'Mare. Cette exigence a paru excessive aux membres de la commission. Une ventilation naturelle suffit. 


Mesures diverses 

La commission attire l'attention des maîtres d'ouvrage sur l'importance que revêt l'information des occupants en ce qui concerne leur comportement à l'égard des dispositifs de sécurité mis en place (détecteurs, alarmes, ferme-portes...). Il est également indispensable de prévoir un entretien scrupuleux et un contrôle efficace de toutes les installations automatiques ou non concourant à la sécurité. 

Ainsi  qu'il  a  été  dit  au  chapitre  Planchers-Plafonds,  la  continuité  des  plafonds  en  dalles  de  vermiculite  devra  être  régulièrement contrôlée.


Article paru dans « Le monde », le 30 juin 1981.

Le conseil municipal réuni le 26 juin 1981 décide à l’unanmité l’évacuation des 2000 personnes présentes dans les 500 logements des immeubles Lods. Une destruction de ces immeubles est sérieusement envisagée. D’une courte tête, le conseil décide de confier une mission d’expertise au cabinet Veritas avant de se décider.

Le sursis accordé aux Lods est suivi de près par la presse locale qui feuilletonne les différents développements que connaît cette zone de la Grand’Mare.

Coupures de « Paris-Normandie », édition du 7 mai 1981.


Les premiers habitants réinvestireront les immeubles Lods modifiés. Mais, les temps auront changés: des locataires des 500 logements évacués, seuls 150 décideront de revenir habiter dans leurs « Lods ». 

Pour faire face aux coûts des travaux de réhabilitation, l’office public de Rouen cherchera à combler au plus vite les appartements vides. Il ne s’agit donc plus de sélectionner des personnes susceptibles de participer à une « expérience sociale novatrice » mais bien de pallier à un problème d’habitat.

L’entre-soi des habitants avait été première fois mis à mal en 1975, mais cette fois la défiance est profonde. Une grande partie des locataires, initialement « triés sur le volet », n’est pas revenue, les autres se sont regroupés dans quelques immeubles et le bailleur a cherché à remplir les logements devenus vacants « avec ce qu’il pouvait » , « ça a commencé à devenir des HLM » affirme un des habitants historiques.


Désormais, ce seront des familles qui n’ont pas d’autres solutions que le logement social qui viendront s’installer. La sociologie s’en trouvera de facto modifiée, la volonté de s’investir dans une vie associative n’est plus la première des priorités pour la plupart des nouveaux habitants même si un «esprit Grand’Mare» survit grâce à l’implication des anciens. 


L’aspect « expérimental » n’était de tout façon plus de mise au mitan des années 80. l’OPHLM, qui a entre-temps changé de direction, décida d’abandonner la notion d’évolutivité des logements sociaux en général et ceux des « Verre & acier » en particulier.  Les travaux de mise en conformité conduiront à une rigidification technique définitive de ces logements.


Interrogé en 1985, l’OPHLM indiqua que les travaux de remise en conformité des logements suite au déplacement des cloisons pesaient fortement sur les finances (un surcoût estimé à 2 500 francs de l’époque, soit 690 € d’aujourd’hui en tenant compte de l’inflation). Ces déplacements de cloisons créaient des dégradations irrémédiables sur les sols. Le tapissage des cloisons (pourtant interdit par le règlement intérieur) étaient aussi un problème.

Il apparaît rétrospectivement qu’il s’agissait plus d’un prétexte pour normaliser l’usage de ces lieux car seuls 5% des cloisons étaient modifiés par les locataires. L’abandon de cette caractéristique ne rencontra de toute façon guère de réticence de la part des locataires « historiques » qui l’acceptèrent au profit de logement réputés plus fiable.





Les « Verre et Acier » du centre de Rouen sont également concernés par le plan de réhabilitation (vue depuis la Rue Defay)


La liste des travaux de conformité à réaliser est définitivement arrêtée en 1983. Ceux-ci sont acceptés par les différents acteurs. Les « verre et acier » sont sauvés. 

LISTE DES TRAVAUX DE 1983



  • L’installation  de  déflecteurs  métalliques  dans  le  prolongement  des  planchers et au droit des parties vitrées (amélioration du C+D pour éviter la propagation du feu par les façades).
  • Une  protection  des  poteaux métalliques situés dans les vides de construction au moyen de VERMIPAN ® (panneaux de vermiculite). 
  • Une amélioration de la résistance au feu des cloisons et des portes des locaux du rez-de-chaussée.
  • Le remplacement du doublage des cloisons des cages d'escaliers par des cloisons VERMIPAN ® 
  • Le  remplacement des systèmes de fixation (clips)  des cloisons séparatives des logements afin de restituer la résistance au feu de l'ensemble.
  • L’obturation des interstices par de la laine de roche.
  • La mise en place d'un faux-plafond en vermiculite au niveau des paliers.
  • Le renforcement de l'assemblage des parties hautes des volées des escaliers avec les paliers.
  • L’installation d'un désenfumage des cages d'escaliers commandé par la détection incendie, un fusible et une commande manuelle au rez-de-chaussée.
  • Le remplacement d'une des deux cloisons séparatrices des appartements par une cloison VERMIPAN ® 
  • Le recoupement par projection des plénums au niveau des cloisons séparatives des logements entre eux et avec la cage d'escalier. 
  • Le remplacement du chauffage à air pulsé par un chauffage individuel par aérotherme.
  • La mise en place d'un système d'alarme incendie avec des  détecteurs d'incendie,  dans  chaque  logement.
  • Des bris de glace, dans chaque logement, au rez-de-chaussée, dans les circulations palières.
  • Un contrat de gardiennage et de veille 24h/24.
  • Une amélioration de l'accès des secours et de la défense extérieure contre l'incendie. 

Les « Verre et Acier » au début des années 80, les volets fermés.

Les 28 juillet et 24 septembre 1983, une délégation de la Commission Nationale de la Sécurité audit les travaux sur place et donna un avis favorable.  Les décisions, sortes de compromis inavoués, qui s’ensuivirent auront des conséquences qui précipitèrent la fin des Lods.


Au cours d'une visite, la Commission Nationale d'Experts constata en effet que, dans le bâtiment 23, l'épaisseur minimale du Vermipan protégeant les poteaux métalliques situés dans les vides de la construction n’était que de 16 mm. 

Comme un essai de caractérisation effectué le 21 juillet 1983 sur une épaisseur de 19mm avait montré une stabilité au feu de 1 heure et de 20  minutes, l'épaisseur choisie fut jugée satisfaisante.  

En  ce  qui  concerne la  ventilation mécanique contrôlée, les bouches d'extraction et les conduits jusqu'à la gaine technique, il avait été proposé une bouche d'extraction VIM, dont un essai de tenue au feu au CSTB réalisé en septembre 1983, n'avait pas encore été réalisé! En attendant les résultats de l'essai, le CSTB proposa la pose d'un clapet coupe-feu 1 heure pour chaque logement. 


Un procès-verbal établi par l'office HLM de la ville de Rouen en date du 28 juillet 1983 confirma que l'ensemble des exigences réclamées par la  commission ministérielle avait été réalisé et immédiatement la Commission émettera un avis favorable pour que « l’interdiction d'habiter prise par Monsieur le Maire de Rouen par arrêté du 26 juin1981 soit levée pour le bâtiment du 23 rue  Jean-Philippe  Rameau, et par  extension  aux  autres bâtiments ». 


Las, les « Lods » connaîtront encore 7 nouveaux incendies entre 1985 et 2014. Quatre morts, dont trois enfants, y trouveront la mort.


Une façade présentant les large ventaux, caractéristique iconique des « verre & acier ».

À écouter les enfants de la « Grand’Mare », subsiste mémoire d’un passé idyllique où les relations de voisinages étaient valorisées, où l’environnement naturellement boisé de ces immeubles portés vers l’extérieur faisait régner une sensation prégnante de liberté.



Le club de Rollers encadré par M. et Mme Rocheudreux. Photographie de Catherine FOSSE HELLER.